2éme Dimanche de Pâques

PREMIÈRE LECTURE

Lecture du livre des Actes des Apôtres

La multitude de ceux qui étaient devenus croyants
avait un seul cœur et une seule âme ;
et personne ne disait
que ses biens lui appartenaient en propre,
mais ils avaient tout en commun.
C’est avec une grande puissance
que les Apôtres rendaient témoignage
de la résurrection du Seigneur Jésus,
et une grâce abondante reposait sur eux tous.
Aucun d’entre eux n’était dans l’indigence,
car tous ceux qui étaient propriétaires de domaines ou de maisons
les vendaient,
et ils apportaient le montant de la vente
pour le déposer aux pieds des Apôtres ;
puis on le distribuait en fonction des besoins de chacun.

– Parole du Seigneur.

PSAUME

R/ Rendez grâce au Seigneur : Il est bon !
Éternel est son amour !
ou : Alléluia !
(117,1)

Oui, que le dise Israël :
Éternel est son amour !
Que le dise la maison d’Aaron :
Éternel est son amour !

Qu’ils le disent, ceux qui craignent le Seigneur :
Éternel est son amour !

Le bras du Seigneur se lève,
le bras du Seigneur est fort !

Non, je ne mourrai pas, je vivrai
pour annoncer les actions du Seigneur.
Il m’a frappé, le Seigneur, il m’a frappé,
mais sans me livrer à la mort.

La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs
est devenue la pierre d’angle :
c’est là l’œuvre du Seigneur,
la merveille devant nos yeux.
Voici le jour que fit le Seigneur,
qu’il soit pour nous jour de fête et de joie !

DEUXIÈME LECTURE

Lecture de la première lettre de saint Jean

Bien-aimés,
celui qui croit que Jésus est le Christ,
celui-là est né de Dieu ;
celui qui aime le Père qui a engendré
aime aussi le Fils qui est né de lui.

Voici comment nous reconnaissons
que nous aimons les enfants de Dieu :
lorsque nous aimons Dieu
et que nous accomplissons ses commandements.
Car tel est l’amour de Dieu :
garder ses commandements ;
et ses commandements ne sont pas un fardeau,
puisque tout être qui est né de Dieu
est vainqueur du monde.
Or la victoire remportée sur le monde,
c’est notre foi.
Qui donc est vainqueur du monde ?
N’est-ce pas celui qui croit
que Jésus est le Fils de Dieu ?

C’est lui, Jésus Christ,
qui est venu par l’eau et par le sang :
non pas seulement avec l’eau,
mais avec l’eau et avec le sang.
Et celui qui rend témoignage, c’est l’Esprit,
car l’Esprit est la vérité.

– Parole du Seigneur.

ÉVANGILE

Alléluia. Alléluia.
Thomas, parce que tu m’as vu, tu crois,
dit le Seigneur.
Heureux ceux qui croient sans avoir vu !
Alléluia. (Jn 20, 29)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

C’était après la mort de Jésus.
Le soir venu, en ce premier jour de la semaine,
alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples
étaient verrouillées par crainte des Juifs,
Jésus vint, et il était là au milieu d’eux.
Il leur dit :
« La paix soit avec vous ! »
Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté.
Les disciples furent remplis de joie
en voyant le Seigneur.
Jésus leur dit de nouveau :
« La paix soit avec vous !
De même que le Père m’a envoyé,
moi aussi, je vous envoie. »
Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux
et il leur dit :
« Recevez l’Esprit Saint.
À qui vous remettrez ses péchés,
ils seront remis ;
à qui vous maintiendrez ses péchés,
ils seront maintenus. »

Or, l’un des Douze, Thomas,
appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau),
n’était pas avec eux quand Jésus était venu.
Les autres disciples lui disaient :
« Nous avons vu le Seigneur ! »
Mais il leur déclara :

« Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous,
si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous,
si je ne mets pas la main dans son côté,
non, je ne croirai pas ! »

Huit jours plus tard,
les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison,
et Thomas était avec eux.
Jésus vient,
alors que les portes étaient verrouillées,
et il était là au milieu d’eux.
Il dit :
« La paix soit avec vous ! »
Puis il dit à Thomas :
« Avance ton doigt ici, et vois mes mains ;
avance ta main, et mets-la dans mon côté :
cesse d’être incrédule,
sois croyant. »
Alors Thomas lui dit :
« Mon Seigneur et mon Dieu ! »
Jésus lui dit :
« Parce que tu m’as vu, tu crois.
Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »

Il y a encore beaucoup d’autres signes
que Jésus a faits en présence des disciples
et qui ne sont pas écrits dans ce livre.
Mais ceux-là ont été écrits
pour que vous croyiez
que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu,
et pour qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom.

– Acclamons la Parole de Dieu.

 

HOMELIE

 « La Divine Miséricorde »

 

 

 

       Mes amis, jusqu’à la mise au tombeau du Crucifié et cette grosse pierre qu’on roula à l’entrée de celui-ci, la présence de Jésus, au milieu des hommes, était semblable à la nôtre. Le Verbe éternel du Père s’était montré à nous dans la chair de notre humanité que lui a donnée la Vierge Marie. C’est dans ce « corps à corps » avec ses frères et avec tous ses sens qu’il a été un homme comme nous, «  reconnu comme tel » dira l’apôtre Paul aux Philippiens.

 

       Cette pierre tombale marque la rupture avec le visible de sa présence à l’instar du couvercle de nos cercueils qui nous enlève le visage de nos défunts. Cette pierre met un point final à l’incarnation de Dieu ! Elle tourne la page de la présence en direct !

 

       C’est pourquoi, il fallait qu’au matin de Pâques, elle soit roulée, sur le coté, pour signifier le début d’une ère nouvelle, une nouvelle manière d’être avec le Christ. Cette ouverture inaugure, en fait, le premier jour de la Nouvelle Création, ce qu’on a appelé la Rédemption ! Il fallait qu’elle soit enlevée pour engendrer un nouveau regard.

 

       Ce regard sera celui de Jean, arrivant en courant au tombeau. Un regard qui voit le réel tel qu’il est mais qui le dépasse pour voir l’invisible : « Il vit et il crut » dit l’évangile de Pâques. C’est le regard de la foi. Alors que Pierre, lui, restera, encore un temps, avec le regard ancien, celui de la nostalgie, celui de la perte d’un corps qu’on a aimé, un regard qui ne peut pas s’arracher du passé !

 

       Dès lors, les questions arrivent, immanquablement : Comment passe t-on de voir à croire ? Comment devient-on croyant ? Comment croire sans voir ? Comment voir l’invisible ?

 

       Mes amis, revenons à Jean : Comment se fait-il qu’il soit si pressé d’aller au tombeau, ce matin-là ? Quelles fourmis a-t-il dans les jambes alors que son ami Pierre est encore paralysé par ce qui s’est passé ? Rappelez-vous, au pied de la croix, ce que Jean entend de Jésus : « Femme, voici ton fils » et pour lui-même : « Voici ta Mère ». Ces paroles-là sont comme un testament et Jean les a pris en plein cœur !

 

        Ce n’était pas, de la part de Jésus, une dernière gentillesse faite à sa mère pour qu’elle ne soit pas seule désormais ! Non, c’était pour qu’il la prenne vraiment comme telle… pour qu’il entende d’elle toutes ces paroles gardées et méditées dans son cœur de mère, au fil des jours… tous ces évènements qu’elle relisait dans la foi… c’était pour qu’il accueille cette Grâce de l’Esprit Saint qui la comblait et qui l’unissait à son Fils.

 

      

 

       Et Jean s’est mis à l’école de Marie, recevant d’elle la foi qu’elle avait en son Fils et en ses paroles qu’elle retenait, parlant de sa mort et de sa résurrection, le troisième jour. Jean a communié à la foi de Marie dans une confiance étonnante et bouleversante. Et s’il était dit qu’il était « le disciple bien-aimé », c’était bien pour signifier que sa façon d’être à l’écoute du Maître rejoignait Jésus dans la profondeur de sa personne et de son mystère.

 

 

       Marie n’est pas allée au tombeau, le matin de Pâques ! Elle le savait Vivant, en elle et au cœur de chacun ! Et c’est avec cette foi-là, partagée avec Jean, que celui-ci est parti, avec enthousiasme, au tombeau, dans le vif désir d’être confirmé par ce qu’il allait voir ! Et c’est ce qu’il a vu : Jésus-passé-au-secret-de-toutes-choses ! L’absence du corps l’a confirmé dans sa foi qu’il était Vivant, Ressuscité.

 

       Le Christ Jésus a donc attendu d’être derrière la grosse pierre du tombeau pour passer dans la Gloire du Père, à l’insu des regards pour ne pas conditionner notre liberté !  Sa chair a été saisie par l’Esprit et il a rejoint son Père-Créateur au cœur de toutes choses. Voilà la foi de Jean. Voilà notre foi, la foi de l’Eglise.

 

       Mais autant la foi de Jean en la résurrection s’est solidement et rapidement enracinée en lui, autant pour les autres disciples et particulièrement Thomas, notre jumeau, il faudra un certain temps et plusieurs expériences de rencontre avec le Ressuscité pour qu’ils le reconnaissent Vivant et s’enthousiasment de sa présence en eux. Il faudra les cinquante jours qui suivent Pâques pour qu’éclate la joie rayonnante de Pentecôte !

        En cela Marie remplira sa mission de Mère, non seulement à l’égard de Jean mais de tous. Avec l’Esprit Saint, Elle les enfantera à la Vie Nouvelle, la vie d’Apôtre ! Marie, Mère de l’Eglise !

 

       Mes Amis, en ce 2ème dimanche de Pâques où nous mettons l’accent, depuis saint Jean-Paul II, sur la Miséricorde de Dieu, réentendons, pour nous-mêmes, la parole de Jésus : « Voici ta Mère » et laissons-nous faire, comme Saint Jean, par cette femme, Marie, Mère de Miséricorde, que Jésus donne à chacun. Que la grâce de l’Esprit Saint dont elle est comblée nous imprègne et fasse aussi de nous des fils et filles de miséricorde à l’égard de tous ceux qui nous entourent. C’est notre prière !  

                                                                                               Amen.

Retrouvez des cantiques que nous avons chantés