4éme Dimanche de Pâques

PREMIÈRE LECTURE

Lecture du livre des Actes des Apôtres

En ces jours-là,
Pierre, rempli de l’Esprit Saint, déclara :
« Chefs du peuple et anciens,
nous sommes interrogés aujourd’hui
pour avoir fait du bien à un infirme,
et l’on nous demande comment cet homme a été sauvé.
Sachez-le donc, vous tous,
ainsi que tout le peuple d’Israël :
c’est par le nom de Jésus le Nazaréen,
lui que vous avez crucifié
mais que Dieu a ressuscité d’entre les morts,
c’est par lui que cet homme
se trouve là, devant vous, bien portant.
Ce Jésus est la pierre méprisée de vous, les bâtisseurs,
mais devenue la pierre d’angle.
En nul autre que lui, il n’y a de salut,
car, sous le ciel, aucun autre nom n’est donné aux hommes,
qui puisse nous sauver. »

– Parole du Seigneur.

PSAUME

R/ La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs
est devenue la pierre d’angle.

 

Rendez grâce au Seigneur : Il est bon !
Éternel est son amour !
Mieux vaut s’appuyer sur le Seigneur
que de compter sur les hommes ;
mieux vaut s’appuyer sur le Seigneur
que de compter sur les puissants !

 

Je te rends grâce car tu m’as exaucé :
tu es pour moi le salut.
La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs
est devenue la pierre d’angle :
c’est là l’œuvre du Seigneur,
la merveille devant nos yeux.

 

Béni soit au nom du Seigneur celui qui vient !
De la maison du Seigneur, nous vous bénissons !
Tu es mon Dieu, je te rends grâce,
mon Dieu, je t’exalte !
Rendez grâce au Seigneur : Il est bon !
Éternel est son amour !

DEUXIÈME LECTURE

Lecture de la première lettre de saint Jean

Bien-aimés,
voyez quel grand amour nous a donné le Père
pour que nous soyons appelés enfants de Dieu
– et nous le sommes.
Voici pourquoi le monde ne nous connaît pas :
c’est qu’il n’a pas connu Dieu.
Bien-aimés,
dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu,
mais ce que nous serons n’a pas encore été manifesté.
Nous le savons : quand cela sera manifesté,
nous lui serons semblables
car nous le verrons tel qu’il est.

– Parole du Seigneur.

ÉVANGILE

Alléluia. Alléluia.
Je suis le bon pasteur, dit le Seigneur ;
je connais mes brebis
et mes brebis me connaissent.
Alléluia. (Jn 10, 14)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
Jésus déclara :
« Moi, je suis le bon pasteur, le vrai berger,
qui donne sa vie pour ses brebis.
Le berger mercenaire n’est pas le pasteur,
les brebis ne sont pas à lui :
s’il voit venir le loup,
il abandonne les brebis et s’enfuit ;
le loup s’en empare et les disperse.
Ce berger n’est qu’un mercenaire,
et les brebis ne comptent pas vraiment pour lui.
Moi, je suis le bon pasteur ;
je connais mes brebis,
et mes brebis me connaissent,
comme le Père me connaît,
et que je connais le Père ;
et je donne ma vie pour mes brebis.
J’ai encore d’autres brebis,
qui ne sont pas de cet enclos :
celles-là aussi, il faut que je les conduise.
Elles écouteront ma voix :
il y aura un seul troupeau
et un seul pasteur.
Voici pourquoi le Père m’aime :
parce que je donne ma vie,
pour la recevoir de nouveau.
Nul ne peut me l’enlever :
je la donne de moi-même.
J’ai le pouvoir de la donner,
j’ai aussi le pouvoir de la recevoir de nouveau :
voilà le commandement que j’ai reçu de mon Père. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

 

HOMELIE

 

« Je suis le Bon Pasteur »

 

 

       Mes amis, en ce quatrième dimanche de Pâques, dimanche du Bon Pasteur, nous prions, dans l’Eglise, pour les vocations. Qui dit Pasteur dit évidemment prêtre. Le prêtre est un pasteur ! Nous prions donc le Seigneur de donner à son Eglise les prêtres dont elle a besoin.

 

       Mais, au fil des années, chez nous, en France, on a pu se demander, et encore aujourd’hui, si Dieu n’était pas devenu sourd à nos appels, alors qu’en Afrique, par exemple, au Burkina Faso, il suscite tant de vocations, au point que les œuvres missionnaires se sont inversées. Autrefois, nous allions chez eux, aujourd’hui, ce sont eux qui viennent chez nous !

 

       Mais plutôt que de penser que  Dieu n’entend pas nos prières, je vous invite, au contraire, à croire qu’il sait très bien ce dont l’Eglise a réellement besoin aujourd’hui, dans le monde tel qu’il est, et qu’en fait, s’il y a moins de prêtres qu’avant, c’est pour que les fidèles laïcs, qui se rassemblent encore, aient leur place, toute leur place, qu’ils deviennent une vraie communauté, adulte dans la foi, recherchant en premier l’unité par l’échange et le dialogue, avec un cœur qui bat pour le monde, et que chacun se prenne en main en vivant la vocation que lui confère son baptême. Ce que le Concile Vatican II, il y a 60 ans, a appelé le « Sacerdoce Commun des Fidèles » ! Oui mes amis, le savez-vous ? En plus d’être prophètes et rois, vous êtes prêtres ! C'est-à-dire que vous offrez, nous offrons, à Dieu ce qu’il nous a donné : notre vie et notre monde. C’est cela être prêtre !

       J’ai toujours été porté à croire que ceux qui sont, en plus de leur baptême et confirmation, ordonnés prêtres ne sont pas des extra-terrestres, qu’ils ne tombent pas du ciel comme ça ! Au contraire, ils montent de la terre, c'est-à-dire du terreau chrétien que nous sommes. Pour ce qui me concerne, si mes parents n’avaient pas eu la foi qu’ils avaient et les engagements qui étaient les leurs, je ne serais pas prêtre !

 

       A l’époque où la majeure partie de la population était baptisée - jusqu’à 85% en France ( !) -  il y avait beaucoup de prêtres. Aujourd’hui avec la société qui est la nôtre et la vie qu’elle engendre, avec l’affranchissement de l’Eglise par beaucoup et donc l’abandon du lien avec la communauté, le terreau chrétien est devenu tout petit. Comme j’aime à le dire : « Quand il y a peu de terre, c’est normal qu’il y ait peu de plantes ! Mais le nombre de prêtre, lui, est toujours proportionnel au nombre de fidèles. »

 

       Le premier défi auquel nous sommes confrontés, c’est le travail en profondeur qu’il y a à faire dans le terreau. Si la grande majorité des baptisés se dispense de la pratique religieuse c’est que nous n’avons pas su, en son temps, aider nos frères et sœurs à enraciner leur foi assez profondément pour ne pas rester dans le superficiel d’une pratique grégaire.

 

       Quand on est très nombreux, on ne cherche pas à se poser des questions. On suit le mouvement ! On fait comme tout le monde ! Mais quand on devient petit, comme nous le sommes aujourd’hui, on prend le temps de s’arrêter et de s’interroger sur ce qui nous fait tenir et c’est là que se fait le travail d’enracinement de la foi. Ce travail en profondeur doit nous conduire à avoir Jésus pour compagnon de vie dans notre quotidien, à nous sentir membres les uns des autres et à prendre une part active dans  la mission que notre communauté d’Eglise a à vivre dans le monde où elle se trouve. C’est cela vivre sa vocation baptismale ! Et c’est bien là un des aspects de la vocation du prêtre que d’aider la communauté et chacun à approfondir sa relation au Christ et son ouverture au monde !

 

       Mais il y a un deuxième défi à affronter et il est de taille, lui-aussi ! Là où autrefois, il y avait grande foule sous le même clocher, avec un, deux, trois prêtres à son service, aujourd’hui, les clochers sont toujours là mais ceux qui s’y rassemblent sont beaucoup moindre et ont grande peine, pour la plus part à se déplacer sous un autre clocher dont on leur a dit, par le passé, et à maintes reprises, qu’il n’était pas le leur. Chacun avait sa paroisse et son curé ! Et le curé, évidemment, ses ouailles !

       Or, aujourd’hui, il s’agit non seulement d’approfondir sa relation avec le Christ et au monde, mais aussi de « faire Eglise » ! Nous sommes un « Ensemble Paroissial » et nous ne risquons pas de revenir en arrière ! Ca ne peut que s’agrandir ! Il s’agit donc de sortir de soi et de ses habitudes pour se rassembler, voilà le défi ! Il faut unir nos enthousiasmes pour s’encourager mutuellement dans la foi et pour expérimenter le « Corps du Christ » en train de se construire… ce Corps du Christ vers lequel toute l’humanité est en marche.

       Quel bonheur avons-nous quand nous voyons une église pleine, avec des jeunes familles, du monde de partout ! Quelle joie pour le prêtre de nous voir ainsi être ensemble ! Mais quelle peine aussi quand une invitation est lancée à se rassembler comme par exemple le 5ème dimanche du mois (il y en aura un le 30 mai prochain) et que peu de personnes se déplacent ! Combien de fois, il m’est arrivé de dire, en 45 ans de ministère : « Vous désirez vraiment la messe ? Alors, suivez-moi ! »

       Nous touchons là à cet autre aspect essentiel de la vocation du prêtre qui est de : « faire vivre la communion. » Le prêtre est au service de la communion des fidèles entre eux mais aussi des communautés entre elles. Et l’Esprit Saint parfois est mis à rude épreuve !

 

       Mes amis, Jésus se présente à nous comme le Bon Pasteur qui, pour ses brebis, donne sa vie afin qu’aucune ne s’égare et ne meure mais qu’au contraire elles se rassemblent toutes pour former un seul troupeau autour de Lui. Accueillons-le qui se donne maintenant dans sa Parole et dans son Pain. Et devenons ce que nous sommes «  Son Corps ».                       Amen                    

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