5éme Dimanche de Pâques

PREMIÈRE LECTURE

Lecture du livre des Actes des Apôtres

En ces jours-là,
arrivé à Jérusalem,
Saul cherchait à se joindre aux disciples,
mais tous avaient peur de lui,
car ils ne croyaient pas
que lui aussi était un disciple.
Alors Barnabé le prit avec lui
et le présenta aux Apôtres ;
il leur raconta comment, sur le chemin,
Saul avait vu le Seigneur, qui lui avait parlé,
et comment, à Damas, il s’était exprimé avec assurance
au nom de Jésus.
Dès lors, Saul allait et venait dans Jérusalem avec eux,
s’exprimant avec assurance au nom du Seigneur.
Il parlait aux Juifs de langue grecque,
et discutait avec eux.
Mais ceux-ci
cherchaient à le supprimer.
Mis au courant,
les frères l’accompagnèrent jusqu’à Césarée
et le firent partir pour Tarse.

L’Église était en paix
dans toute la Judée, la Galilée et la Samarie ;
elle se construisait
et elle marchait dans la crainte du Seigneur ;
réconfortée par l’Esprit Saint,
elle se multipliait.

– Parole du Seigneur.

PSAUME

R/ Tu seras ma louange, Seigneur,
dans la grande assemblée.
ou : Alléluia ! (cf. 21, 26a)

Devant ceux qui te craignent, je tiendrai mes promesses.
Les pauvres mangeront : ils seront rassasiés ;
ils loueront le Seigneur, ceux qui le cherchent :
« À vous, toujours, la vie et la joie ! »

La terre entière se souviendra et reviendra vers le Seigneur,
chaque famille de nations se prosternera devant lui :
« Oui, au Seigneur la royauté,
le pouvoir sur les nations ! »

Et moi, je vis pour lui : ma descendance le servira ;
on annoncera le Seigneur aux générations à venir.
On proclamera sa justice au peuple qui va naître :
Voilà son œuvre !

DEUXIÈME LECTURE

Lecture de la première lettre de saint Jean

Petits enfants,
n’aimons pas en paroles ni par des discours,
mais par des actes et en vérité.
Voilà comment nous reconnaîtrons
que nous appartenons à la vérité,
et devant Dieu nous apaiserons notre cœur ;
car si notre cœur nous accuse,
Dieu est plus grand que notre cœur,
et il connaît toutes choses.

Bien-aimés,
si notre cœur ne nous accuse pas,
nous avons de l’assurance devant Dieu.
Quoi que nous demandions à Dieu,
nous le recevons de lui,
parce que nous gardons ses commandements,
et que nous faisons ce qui est agréable à ses yeux.
Or, voici son commandement :
mettre notre foi
dans le nom de son Fils Jésus Christ,
et nous aimer les uns les autres
comme il nous l’a commandé.
Celui qui garde ses commandements
demeure en Dieu,
et Dieu en lui ;
et voilà comment nous reconnaissons qu’il demeure en nous,
puisqu’il nous a donné part à son Esprit.

– Parole du Seigneur.

ÉVANGILE

Demeurez en moi, comme moi en vous,
dit le Seigneur ;
celui qui demeure en moi porte beaucoup de fruit.
Alléluia. (Jn 15, 4a.5b)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Moi, je suis la vraie vigne,
et mon Père est le vigneron.
Tout sarment qui est en moi,
mais qui ne porte pas de fruit,
mon Père l’enlève ;
tout sarment qui porte du fruit,
il le purifie en le taillant,
pour qu’il en porte davantage.
Mais vous, déjà vous voici purifiés
grâce à la parole que je vous ai dite.
Demeurez en moi, comme moi en vous.
De même que le sarment
ne peut pas porter de fruit par lui-même
s’il ne demeure pas sur la vigne,
de même vous non plus,
si vous ne demeurez pas en moi.

Moi, je suis la vigne,
et vous, les sarments.
Celui qui demeure en moi
et en qui je demeure,
celui-là porte beaucoup de fruit,
car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire.
Si quelqu’un ne demeure pas en moi,
il est, comme le sarment, jeté dehors,
et il se dessèche.
Les sarments secs, on les ramasse,
on les jette au feu, et ils brûlent.
Si vous demeurez en moi,
et que mes paroles demeurent en vous,
demandez tout ce que vous voulez,
et cela se réalisera pour vous.
Ce qui fait la gloire de mon Père,
c’est que vous portiez beaucoup de fruit
et que vous soyez pour moi des disciples. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

 

HOMELIE

 

«Je suis la Vraie Vigne »

 

 

          Frères et sœurs, elle est étonnante l’image employée par Jésus pour nous dire qui Il est ! « Je suis la Vraie  Vigne » dit-il. La Vraie ! Y en aurait-il une fausse  ou tout au moins, une qui ne donnerait pas de bons fruits ? Eh bien, c’est sûr, il y en a une et même plusieurs !

          On ne peut s’empêcher de penser à ce que disait le prophète Isaïe, en son temps, parlant du Peuple de Dieu : « La vigne du Seigneur, c’est la Maison d’Israël ! » et parlant de son infidélité, il ajoutait, de la part de Dieu : « Pouvais-je faire, pour ma vigne, plus que je n’ai fait ? J’en espérais des raisins et elle donna du verjus ! »

 

          Mes amis, il en va de la Vraie Vigne comme il en va du Vrai Pain. « Je suis le vrai Pain qui descend du Ciel » disait Jésus aux juifs et, pour se démarquer vraiment, il ajoutait : « Il n’est pas comme celui que vos pères ont mangé. Eux ils sont morts… Le Pain que le Père vous donne, celui qui en mangera vivra éternellement.» 

 

          Il s’agit donc d’une Vigne ou d’un Pain dont la qualité, la nature-même est autrement plus « performante » si on peut employer ce mot ! Le Vigne est Vraie en ce sens qu’elle est la seule à produire les fruits de la rédemption, c’est à dire les fruits qui ne passeront pas ! Le Pain est Vrai en ce sens qu’il est la seule nourriture qui donne la Vie Éternelle, la Vie que la mort n’arrête pas ! L’adjectif « Vrai » renvoie, en fait, à l’Etre-même de Dieu qui est d’être  Vrai. « Je suis la Vérité » dira Jésus. « Je suis venu rendre témoignage à la Vérité » dira t-il à Pilate. Comprenons par là: « Je suis venu révéler qui est Dieu… : mon Père, et qui nous sommes… : ses enfants attachés à Lui. »

 

          Jésus est la Vraie Vigne car, en Lui et de Lui seul, jaillit la sève de l’Esprit-Saint, capable, en nous, de produire les fruits de l’Éternité.

 

          Parlons maintenant du Vigneron. C’est son Père, dit-il, notre Père. La vigne est sa propriété. Il la travaille en vue de… la vendange, la vendange finale ! Le Père s’occupe donc de son Fils puisque c’est Lui, la Vigne ! Il le travaille. Il prend soin de lui. Il veut qu’Il porte de bons fruits et davantage encore puisqu’il l’émonde !

 

          Mais vous devez certainement penser que Jésus n’a pas besoin d’être travaillé ni émondé  par son Père. Il est son Fils Unique, plein d’Esprit Saint ! Il est Dieu !

          Oui mais, entendez bien ce que dit Jésus et c’est en cela qu’il est la Vraie Vigne, Il ne parle pas que de Lui, Il parle aussi de nous, les sarments attachés à lui :

« Tout sarment qui, en moi, ne porte pas de fruit, mon Père le coupe. Tout sarment qui, en moi, porte du fruit, il l’émonde pour qu’il en porte davantage. »

 

 Quand Jésus se présente à nous comme étant la Vraie Vigne, il nous y inclut. Nous y sommes, nous en faisons partie ! C’est cette Vérité-là qu’il est venu nous révéler : Nous sommes liés à Lui, et, par Lui, au Père, intrinsèquement, viscéralement, et on ne le sait pas ! Pourtant, c’est ce qui nous est donné à comprendre à travers l’image qu’il emploie. Que serait une vigne sans sarments, un cep sans aucune branche ? Où pousseraient les fruits ? Et, à l’inverse, des sarments sans cep, ça n’existe pas non plus !

 

 

 

 La Vigne en question, la Vraie, c’est la totalité du Corps du Christ : Lui-et-nous, l’un dans l’autre, l’un attaché à l’autre.  Il n’y a pas de séparation, entre Dieu et les hommes, entre le Créateur et le créé ! Voilà ce qui est vrai ! Tout autre dieu que Lui, maintient la séparation ! Et elle est là, la fausse vigne, celle qu’a du affronter Jésus à Jérusalem ! Une vigne c'est-à-dire une présentation de Dieu résistante à la Miséricorde, une vigne où les « purs » pour montrer leur attachement à Dieu, à sa Loi, se targuaient de mettre au loin les « impurs » !

 

          Alors, mes amis, si le Vigneron travaille sa vigne, ça veut dire qu’il prend soin de chacun des sarments que nous sommes afin que nous restions « branchés » - c’est bien le mot – sur son Fils Unique. Son travail, c’est de nous maintenir attachés à son Fils afin que nous devenions,  de plus en plus, fils nous-mêmes, et que, grâce à la sève divine qui monte de Lui et qui passe en nous, nous produisions les fruits de l’Esprit Saint, les fruits de l’Amour, les fruits qui ne passeront pas et qui sauveront le monde.

 

Mais la question se pose alors : comment le Père fait-il pour prendre soin de chacun de nous, pour que nous restions attachés à son Fils ? Comment s’y prend-il pour nous émonder, nous purifier ?

          Eh bien, d’abord c’est Lui qui nous attire vers son Fils. C’est ce que dira un jour Jésus : « Nul ne peut venir à moi si le Père qui m’a envoyé ne l’attire. » Et c’est ensuite par la Parole même de Jésus que le Père prend soin de nous. Car la Parole du Fils, c’est celle que le Père prononce. Le Fils ne dit rien de lui-même mais de ce qu’il entend de son Père au profond de lui-même. Et sa Parole est celle-ci, qu’il adresse aux disciples et donc à nous : « Demeurez en moi, comme moi, je demeure en vous. »  Voilà le lien secret pour être les dignes fils de Notre Père, des porteurs de fruits toujours nouveaux. Il s’agit d’écouter la Parole de son Fils pour demeurer en Lui ! C’est ce que nous sommes en train de faire, en ce moment !  En écoutant le Fils, nous entendons le Père et c’est son Esprit, sa Sève qu’il nous communique. Ne pas écouter le Fils, c’est vouloir une autre demeure que celle du Père, une autre vigne !

          Il s’agit donc, frères et sœurs, mes amis, de vivre  - et c’est bien ça le combat de la foi de chaque jour -  dans la conscience de la présence de Jésus ressuscité en nous et nous en Lui… de sorte que nos paroles et nos actes soient aussi les siens, remplis de l’Amour qui ne passe pas, des fruits, peut-on dire, gorgés d’Esprit Saint !

 

          Dans cette page d’évangile que nous avons entendue,  Jean a écrit 8 fois l’expression  demeurer ! Ce verbe est significatif de la manière dont le disciple bien-aimé a été saisi  par Jésus lorsqu’il l’écoutait parler, durant son ministère et encore plus, après la passion, quand il a compris que le Ressuscité était devenu l’hôte intérieur et permanent de sa vie ! Et l’on devine la foi intense qu’il avait en Lui et son désir de nous la communiquer à travers son évangile.

Oui, notre Créateur et Sauveur demeure au cœur de toutes choses et de tout être. Il en est la Source et l’Accomplissement final. Demandons-lui de nous aider à établir, à la manière de Jean,  notre demeure en son Fils, de nous appuyer sur Lui dans nos journées, de nous confier à Lui, pour que son Esprit Saint monte en nous et nous fasse porter les fruits qui demeurent pour sa Gloire et donc pour le Salut du monde.                                    

                                                                                                                     Amen.