12 ème Dimanche du Temps Ordinaire

PREMIÈRE LECTURE

Lecture du livre de Job

Le Seigneur s’adressa à Job du milieu de la tempête et dit :
« Qui donc a retenu la mer avec des portes,
quand elle jaillit du sein primordial ;
quand je lui mis pour vêtement la nuée,
en guise de langes le nuage sombre ;
quand je lui imposai ma limite,
et que je disposai verrou et portes ?
Et je dis : “Tu viendras jusqu’ici !
tu n’iras pas plus loin,
ici s’arrêtera l’orgueil de tes flots !” »

– Parole du Seigneur.

PSAUME

R/ Rendez grâce au Seigneur : Il est bon !
Éternel est son amour !
 

Qu’ils rendent grâce au Seigneur de son amour,
qu’ils offrent des sacrifices d’action de grâce,
ceux qui ont vu les œuvres du Seigneur
et ses merveilles parmi les océans.

Il parle, et provoque la tempête,
un vent qui soulève les vagues :
portés jusqu’au ciel, retombant aux abîmes,
leur sagesse était engloutie.

Dans leur angoisse, ils ont crié vers le Seigneur,
et lui les a tirés de la détresse,
réduisant la tempête au silence,
faisant taire les vagues.

Ils se réjouissent de les voir s’apaiser,
d’être conduits au port qu’ils désiraient.
Qu’ils rendent grâce au Seigneur de son amour,
de ses merveilles pour les hommes.

DEUXIÈME LECTURE

«

Lecture de la deuxième lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens

Frères,
l’amour du Christ nous saisit
quand nous pensons qu’un seul est mort pour tous,
et qu’ainsi tous ont passé par la mort.
Car le Christ est mort pour tous,
afin que les vivants n’aient plus leur vie centrée sur eux-mêmes,
mais sur lui, qui est mort et ressuscité pour eux.
Désormais nous ne regardons plus personne
d’une manière simplement humaine :
si nous avons connu le Christ de cette manière,
maintenant nous ne le connaissons plus ainsi.
Si donc quelqu’un est dans le Christ,
il est une créature nouvelle.
Le monde ancien s’en est allé,
un monde nouveau est déjà né.

– Parole du Seigneur.

ÉVANGILE)

Alléluia. Alléluia.
Un grand prophète s’est levé parmi nous,
et Dieu a visité son peuple.
Alléluia. (Lc 7, 16)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

Toute la journée,
Jésus avait parlé à la foule.
Le soir venu, Jésus dit à ses disciples :
« Passons sur l’autre rive. »
Quittant la foule, ils emmenèrent Jésus, comme il était,
dans la barque,
et d’autres barques l’accompagnaient.
Survient une violente tempête.
Les vagues se jetaient sur la barque,
si bien que déjà elle se remplissait.
Lui dormait sur le coussin à l’arrière.
Les disciples le réveillent et lui disent :
« Maître, nous sommes perdus ;
cela ne te fait rien ? »
Réveillé, il menaça le vent et dit à la mer :
« Silence, tais-toi ! »
Le vent tomba,
et il se fit un grand calme.
Jésus leur dit :
« Pourquoi êtes-vous si craintifs ?
N’avez-vous pas encore la foi ? »
Saisis d’une grande crainte,
ils se disaient entre eux :
« Qui est-il donc, celui-ci,
pour que même le vent et la mer lui obéissent ? »

– Acclamons la Parole de Dieu.

 

HOMELIE

« Le monde ancien s’en est allé, un nouveau monde est déjà né !»

 

 

        Frères et sœurs, mes amis, aujourd’hui, je voudrais m’arrêter sur  la 2ème lecture, cette Lettre de Paul, la deuxième, aux Corinthiens, et  sur cette parole qui est un acte de foi : « Le monde ancien s’en est allé, un nouveau monde est déjà né !»

          Il fallait qu’il ait les yeux de la foi, Paul, pour dire une chose pareille, parce qu'apparemment  rien n’avait changé ! Le monde suivait son cours, comme avant ! Comme il le suit aujourd’hui ! Mais il avait désormais ces yeux-là, les yeux de Jésus !

         Il était devenu aveugle au monde violent qui était le sien depuis cette étonnante rencontre, sur le chemin de Damas. Il avait croisé, comme Pierre en son reniement, le regard de Jésus, mais lui, intérieurement bien sûr. Ses yeux se sont fermés trois jours durant : le temps de passer des ténèbres à la Lumière, du Dieu de la Loi implacable au Dieu de la bonté, de « la lettre qui tue » dira-t-il plus tard, à « l’Esprit qui fait vivre » !

 

          Cette lumière qui venait du ciel et cette voix qu’il entend ne  tombent pas sur lui comme une sanction, une punition… mais bien plutôt comme la voix douce d’une maman pour son petit quand elle voit celui-ci  s’égarer sur un mauvais chemin : « Saoul, Saoul » littéralement, il faudrait traduire : « Mon petit Saul, mon petit Saul » ! Jamais Paul n’avait entendu une telle voix l’appeler, même de la part de sa maman ! On se souvient de ce passage, dans la Lettre aux Colossiens, où Paul s’adresse aux familles et exhorte les parents à « ne pas exaspérer leurs enfants. » On peut penser qu’enfant, Paul a reçu une éducation rigide, stricte, sans jamais beaucoup de tendresse et d’affection, à l’image du poids de la Loi qui pesait sur le peuple, et dont il était devenu l’ardent défenseur, le plus zélé des zélés ! Quand on pense que c’est lui qui allait demander au Grand Prêtre de Jérusalem, des mandats  pour pouvoir arrêter les disciples de Jésus ! Vous imaginez cette haine farouche qui ne le lâchait pas !

 

          « Saoul, Saoul », il entend cette voix pleine d’affection et c’est pourtant la voix  d’un persécuté ! « Mais qui es-tu Seigneur ? » lui dit-il. « Je suis Celui que tu persécutes ! » Qu’est-ce qui renverse Paul ? La  puissance de Dieu ? Sa vengeance ? Sa colère ? Non ! Ce qui renverse Paul, c’est qu’il est en train de découvrir que Dieu n’est pas Celui qu’il croyait.

           Il a encore, devant les yeux, le témoignage poignant et bouleversant d’Étienne qu’il avait fait arrêter et lapider. Depuis ce jour, la foi de ce disciple de Jésus lui travaillait le cœur et l’ébranlait dans ses certitudes. Ce qui le renverse, c’est la douceur de cette voix alors qu’elle vient de quelqu’un qui souffre ! Comment peut-on subir  une telle avalanche de cailloux et prononcer les paroles qu’Étienne  disait ? Comment peut-on souffrir la flagellation et la crucifixion et dire encore les mots du pardon que Jésus lançait à ses bourreaux, du haut de la croix ? Mais quelle est donc cette force qui les habitait ?                                                                                          

          Paul est renversé dans ses convictions. On pense qu’il tombe de son cheval, désarçonné ! Il n’a jamais était écrit qu’il était à cheval. Il tombe de sa hauteur,  c’est à dire de ses prétentions à se croire le meilleur des croyants, à être juge des autres ! Tout chavire. Toutes ses certitudes sur lesquelles il s’appuyait, s’effondrent.

         

          La Puissance de Dieu serait-elle celle de l’Amour !?  L’Amour s’en remettrait-il aux mains des hommes !? Dieu serait ainsi à la merci de chacun de nous !?

       Bref, ce qu’il voyait, ce qu’il croyait, dur comme fer, devient flou, ténébreux. Et ce qu’il n’avait jamais imaginé monte en lui comme une puissance de douceur et devient lumineux. Paul est renversé au plus profond de lui-même et, pour la première fois, il va faire l’expérience de la fragilité, la fragilité de Dieu ! Désarmé par la douceur du Christ, il va  lâcher prise, lâcher son pouvoir et accepter de ne plus mener les affaires. Il va se faire petit. Ce qui lui fera dire plus tard qu’il est le dernier des apôtres, il n’est pas digne d’être appelé apôtre ! Il est l’« l’avorton » !

          Le voici donc à la merci de ceux qui  le conduisent à Damas car il est aveugle. Et là-bas, on va lui dire ce qu’il aura à faire ! Ensuite, il va se laisser conduire par le Christ à travers tant de voyages et de péripéties, autour du bassin méditerranéen et ce, jusqu’à nous, aujourd’hui !

          Ces 3 jours qu’il va passer sans voir, sans manger ni boire, seront sa pâque à lui, son passage au Christ, sa résurrection ! Rien ne sera plus comme avant. Vous comprenez pourquoi il écrit aux Corinthiens : « Le Monde ancien s’en est allé, un Nouveau Monde est déjà né ! » Oui, l’homme ancien qu’il était lui-même, dur, intraitable, légaliste a fait place à l'homme nouveau, fragile, confiant et miséricordieux  et il le proclame dans cette lettre aux Corinthiens : « En Jésus-Christ, tout homme est une créature nouvelle. »

          Mes amis, depuis que nous cheminons avec le Christ, depuis que nous sommes embarqués avec lui pour aller sur l’Autre Rive c'est-à-dire pour la traversée de la vie, avec ses moments de joie et de peine, de calme et de tempête, posons-nous ces questions : Quelle foi ai-je en Lui ? Est-ce que je suis touché(e) par Lui, renversé(e) par Lui ? Qu'est ce que le Christ a changé en moi ? Quelle créature nouvelle je suis devenu(e) en le fréquentant ? Et mon Église, notre communauté, quel témoignage de foi donne-t-elle au monde qui l’entoure ? Demandons au Seigneur de nous garder dans la foi. Qu’il nous donne des signes de sa présence à nos cotés dans la barque. Mais le Signe ? le voilà ! « Seigneur, tu te donnes à nous ! Nous ne sommes pas seuls ! »                                        Amen.

 

P.S.   Sur St Gilles, nous achevons, tant bien que mal, une année paroissiale, où  nous n’avons pas pu accompagner les enfants à la première communion, faute de rencontres. Il en a été de même au niveau de l’aumônerie du collège accompagnée comme ils ont pu par Marion et Matthieu.

          Je tiens, aujourd’hui, en votre nom à tous, à remercier 2 des 3 catéchistes du primaire, Chantal et Colette qui, depuis tant d’années, ont donné leur temps et leur foi pour ces enfants. Aujourd’hui, elles arrêtent leur responsabilité et j’en profite pour que vous entendiez l’appel que je lance à vous tous, pour qu’un papa ou une maman vienne prendre la relève. Déjà une personne m’a dit oui. Elle se joint à Soad qui, elle, continue. Mais il faut quelqu’un d’autre à qui je dis : «   Lance-toi, allez ! Jette-toi à l’eau  Viens nous rejoindre ! On fait une rencontre Mercredi à 18h.30 au presbytère.»