15 ème Dimanche du Temps Ordinaire

 

PREMIÈRE LECTURE

 

Lecture du livre du prophète Amos

En ces jours-là, 
   Amazias, prêtre de Béthel, dit au prophète Amos :
« Toi, le voyant, va-t’en d’ici, 
fuis au pays de Juda ; 
c’est là-bas que tu pourras gagner ta vie 
en faisant ton métier de prophète. 
   Mais ici, à Béthel, arrête de prophétiser ; 
car c’est un sanctuaire royal, 
un temple du royaume. »
   Amos répondit à Amazias : 
« Je n’étais pas prophète 
ni fils de prophète ; 
j’étais bouvier, et je soignais les sycomores. 
   Mais le Seigneur m’a saisi quand j’étais derrière le troupeau, 
et c’est lui qui m’a dit : 
‘Va, tu seras prophète pour mon peuple Israël.’ »

    – Parole du Seigneur.

 

PSAUME

R/ Fais-nous voir, Seigneur, ton amour,
et donne-nous ton salut. (Ps 84, 8)

J’écoute : que dira le Seigneur Dieu ?
Ce qu’il dit, c’est la paix pour son peuple et ses fidèles.
Son salut est proche de ceux qui le craignent,
et la gloire habitera notre terre.

Amour et vérité se rencontrent,
justice et paix s’embrassent ;
la vérité germera de la terre
et du ciel se penchera la justice.

Le Seigneur donnera ses bienfaits,
et notre terre donnera son fruit.
La justice marchera devant lui, 
et ses pas traceront le chemin.

DEUXIÈME LECTURE

 

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Éphésiens

    Béni soit Dieu, le Père
de notre Seigneur Jésus Christ !
Il nous a bénis et comblés
des bénédictions de l’Esprit,
au ciel, dans le Christ.

    Il nous a choisis, dans le Christ,
avant la fondation du monde,
pour que nous soyons saints, immaculés 
devant lui, dans l’amour.

    Il nous a prédestinés
à être, pour lui, des fils adoptifs
par Jésus, le Christ.

Ainsi l’a voulu sa bonté,
   à la louange de gloire de sa grâce,
la grâce qu’il nous donne
dans le Fils bien-aimé.

    En lui, par son sang,
nous avons la rédemption,
le pardon de nos fautes.

C’est la richesse de la grâce
que Dieu a fait déborder jusqu’à nous
en toute sagesse et intelligence. 

    Il nous dévoile ainsi le mystère de sa volonté,
selon que sa bonté l’avait prévu dans le Christ :
   pour mener les temps à leur plénitude,
récapituler toutes choses dans le Christ,
celles du ciel et celles de la terre.

    En lui, nous sommes devenus
le domaine particulier de Dieu,
nous y avons été prédestinés 
selon le projet de celui qui réalise tout ce qu’il a décidé :
il a voulu  que nous vivions 
à la louange de sa gloire,
nous qui avons d’avance espéré dans le Christ.

    En lui, vous aussi,
après avoir écouté la parole de vérité,
l’Évangile de votre salut,
et après y avoir cru,
vous avez reçu la marque de l’Esprit Saint.
Et l’Esprit promis par Dieu
   est une première avance sur notre héritage,
en vue de la rédemption que nous obtiendrons,
à la louange de sa gloire.

    – Parole du Seigneur.

 

ÉVANGILE

Alléluia. Alléluia. 
Que le Père de notre Seigneur Jésus Christ      
ouvre à sa lumière les yeux de notre cœur,
pour que nous percevions l’espérance que donne son appel.
Alléluia.   (cf. Ep 1, 17-18)

Evangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
   Jésus appela les Douze ; 
alors il commença à les envoyer en mission deux par deux. 
Il leur donnait autorité sur les esprits impurs, 
   et il leur prescrivit de ne rien prendre pour la route, 
mais seulement un bâton ; 
pas de pain, pas de sac, 
pas de pièces de monnaie dans leur ceinture. 
   « Mettez des sandales, 
ne prenez pas de tunique de rechange. » 
   Il leur disait encore : 
« Quand vous avez trouvé l’hospitalité dans une maison, 
restez-y jusqu’à votre départ. 
   Si, dans une localité, 
on refuse de vous accueillir et de vous écouter, 
partez et secouez la poussière de vos pieds : 
ce sera pour eux un témoignage. » 
   Ils partirent, 
et proclamèrent qu’il fallait se convertir. 
   Ils expulsaient beaucoup de démons, 
faisaient des onctions d’huile à de nombreux malades, 
et les guérissaient.

    – Acclamons la Parole de Dieu.

                          HOMELIE


Comme je suis un habitué des pèlerinages, laissez-moi vous conter l'une des inquiétudes des préparatifs. Car vous le devinez : même si le pèlerinage est une (petite) aventure, on ne part pas tout à fait à l'improviste ! Il y a les gîtes à réserver, les rendez-vous à prendre, les personnes et les communautés à rencontrer... sans compter la préparation spirituelle.

Mais il y a un aspect des préparatifs dont on parle peu... mais qui cause bien des soucis pour celui qui part : la confection de son sac. Quand on part en voiture, on n'est pas à une valise près. Mais dans le cas de la pérégrination « sac au dos », il en va tout autrement. Il faut prendre l'essentiel, pour ne pas être démuni devant les incidents de la route. Il ne faut pas qu'il soit trop chargé, il risque sinon d'être intransportable. Ou de provoquer tendinites ou de nous entraîner dans sa chute. Dans le chargement du sac, donc, le poids est d'une importance capitale : chaque gramme compte !

Si je vous raconte ces détails, ce n'est pas tant pour vous partager mes angoisses quant aux préparatifs. Ni même avec l'idée de vous voir partir un jour en pèlerinage à pied... bien que je ne désespère pas ! Non, le chargement de ce sac, c'est une parabole. Comme celui qui veut bâtir une tour. Ou le Roi qui part en guerre. Simplement, le sac est plus à notre portée.
Ce sac, voyez-vous, c'est l'ensemble des choses que nous voudrions emporter. Ou que nous devons emporter : le poids de notre destinée. Ou que nous croyons devoir emporter, pour nous rassurer, nous sécuriser : « on ne sait jamais » ! Parce que pris dans l'engrenage de la vie, nous ramassons au passage toutes choses qui paraissent devoir nous servir un jour ou l'autre. Et nous traînons dans nos bagages bien des choses dont la nécessité première ne nous saute plus aux yeux, quelques années plus tard.

C'est vrai au sens matériel : pensez à votre dernier déménagement ! C'est encore plus vrai au sens spirituel ou même moral. Avez-vous déjà pensé à tous ces fardeaux dont vous vous êtes chargés, et que vous portez avec plus ou moins de bonheur. Je devrais dire de malheur. Parce que certains de ces poids nous ont alourdi le cœur. Et laissé un arrièregoût d'amertume. Que nous n'arrivons pas toujours à exprimer... dont nous n'arrivons pas toujours à nous décharger. Alors, dans votre vie, le pas se fait plus lourd, la démarche plus pesante. Vous peinez dans votre montée vers Dieu. L'Evangile vous semble inaccessible, je devrais dire insupportable.

Je suis frappé combien dans les réunions paroissiales, mais aussi de manière plus voilée chez les plus jeunes j'entends ce refrain, que dis-je, cette litanie : ce que Jésus nous demande, c'est trop fort, c'est trop difficile. Il faut être saint pour pouvoir le suivre. Sous-entendu : ce n'est pas pour nous. Si j'étais féroce, j'ajouterais : excellent prétexte pour ne pas faire au moins le premier pas. Mais ce serait tenir trop peu compte de toutes ces souffrances accumulées et que certains portent comme une croix.

Aujourd'hui, en cet instant même, Jésus nous invite à nous asseoir. A vider notre sac. A faire le tri entre l'essentiel, le nécessaire... et le superflu. A opérer les renoncements indispensables. Et à repartir le cœur léger à sa suite...